Je n’aime pas la violence au cinéma ou à la télévision. Elle me bouleverse. Je ne bois pas de caféine car je suis excessivement sensible à ses effets. Je suis facilement gênée dans une pièce bruyante ou au contraire, dans une pièce silencieuse avec juste un petit bruit, un petit cliquetis répétitif. On me dit souvent que je prends trop les choses pour moi. Je pleure facilement. Je suis sensible à l’énergie des gens. Si ils sont tendus ou agacés, je le perçois. Je le deviens. J’ai rapidement besoin de solitude après avoir passé plusieurs heures avec un groupe de personnes. Je suis bouleversée par l’art. La musique me transporte. Mes joies sont immenses et mes peines tout aussi grandes. Je suis très attentionnée et extrêmement empathique. J’ai une grande réactivité émotionnelle à des évènements du quotidien que beaucoup jugent anodins.
Je suis hypersensible.
Si vous vous reconnaissez en lisant cette introduction, c’est normal. Nous sommes 20% de la population à être hypersensible. Deux personnes sur 10, c’est conséquent. Si vous ne vous reconnaissez pas dans cet article, je vous invite tout de même à le lire pour mieux comprendre les gens autour de vous.
Il y a assez peu d’études scientifiques sur le sujet de l’hypersensibilité. Le questionnaire sur l’hypersensibilité le plus connu est celui d’Elaine Aron, psychologue, rédigé en 1997. Je vous invité à le consulter ici. (C’est en anglais).
Loin d’être un super pouvoir ou un trouble de la personnalité, l’hypersensibilité désigne à la fois une grande sensibilité aux stimuli sensoriels et émotionnels et une tolérance faible, ou une grande réactivité émotionnelle, à ces éléments.
Être hypersensible, ce n’est ni un drame; ni une tare, ni un don, ni une étiquette, ni une excuse. C’est juste une façon différente de réagir aux stimulis sensoriels et émotionnels
J’ai découvert cette notion assez tardivement mais elle m’a éclairée sur de nombreux comportements que je pouvais avoir et que je ne parvenais pas à expliquer. Prenons l’exemple d’un week-end entre amis. Pour la majorité des gens, c’est uniquement un très bon moment. Pour moi, c’est un très moment mais c’est aussi la source d’une série de questions : comment gérer les bruits des autres pour dormir ? Comment m’isoler un peu sans paraître impolie ? Comment “absorber” l’énergie du groupe pendant plusieurs jours sans être drainé… Voilà, c’est un exemple de MON hypersensibilité. Je dis MON car il y a autant de forme d’hypersensibilité que d’humains hypersensibles !
Comment reconnaître l’hypersensibilité ?
Hyperesthésie : L’hyperesthésie caractérise une augmentation de la sensibilité de n’importe lequel des sens : vue, son, toucher, audition et odorat. Elle peut n’affecter qu’un sens ou les concerner tous.
(Moi je sais que c’est la lumière et donc la vue ! Parfois je sors avec des lunettes de soleil alors qu’il fait gris ^^)
Hyperempathie :
L’empathie réside dans ce lien immédiat qui permet de comprendre sur le moment le ressenti, les émotions, les énergies d’autrui. L’empathe va être prodigieusement doué pour savoir ce qui se passe dans la tête des autres. Il est capable de reconstituer les pensées, les émotions de ceux qui l’entourent. Il a aussi une grande intuition.
(Pour ma part, je suis souvent épuisée à la fin des journées de consultations car mon empathie est telle que « j’absorbe » l’énergie de mes clients)
Hyperstimulation du système nerveux :
Le nombre de connexions neuronales est plus élevé chez “nous” que chez les “non-hyper sensibles”. Cela implique que les réponses nerveuses sont plus extrêmes. Les émotions sont ressentis plus intensément (De la très grande joie à la très grande peine)
(Ma mère dit depuis toujours que je suis « volcanique » !)
Besoin de solitude
L’hypersensible est rapidement fatigué par cette hyper sollicitation sensorielle et émotionnelle quotidienne. Il a donc besoin de moments de solitudes fréquents pour se « régénérer »
(Encore cette histoire de week-end entre amis…)
Capacité d’anticipation anxiogène
La difficulté à s’adapter aux situations nouvelles peut créer une tendance à anticiper des scénarios anxiogènes. On a besoin de contrôler, d’anticiper, pour se rassurer.
(Mes amis me surnomme Spielberg, je suis capable d’inventer dans ma tête les meilleurs scénarios hollywoodiens !)
Capacité à voir le merveilleux partout
L’hypersensibilité, c’est chouette aussi. Ça permet de voir le merveilleux en chaque petite chose et de faire attention à un grand nombre de détails au quotidien “cette odeur de café est incroyable” “Oh regarde le ciel est rose !” “Ce matin, il y avait une coccinelle sur ma fenêtre, c’était beau !”
Comment gérer l’hypersensibilité ?
En communiquant dessus :
Dire à son entourage “Je suis hypersensible et voilà ce que ça veut dire” ça permet aux gens qu’on aime de mieux nous comprendre et donc de mieux tolérer nos envolées émotionnelles ! Attention, ça ne veut pas dire que ça justifie des comportements inadaptés. C’est juste plus simple à vivre au quotidien.
En lisant des ouvrages à ce sujet.
J’ai adoré :
La BD : “Vous Avez Dit Hypersensible ? – Le Guide Dessiné De L’hypersensibilité – de Cohen Ring Caroline. Cet ouvrage inclut des informations pertinentes et documentées sur l’hypersensibilité, des exemples de tous les jours pour s’identifier facilement, un test pour savoir si vous êtes hypersensible élaboré par Elodie Crepel (spécialiste du sujet et co dirigeante de l’observatoire de la sensibilité) et surtout une manière de voir la sensibilité positivement !
“Le tourbillon de confettis, vivre son hypersensibilité au fil des saisons” d’Angéline. Dans cet ouvrage, elle évoque la façon dont elle gère l’hypersensibilité en famille,, en couple, avec les amis, au travail. Un concentré de jolis moments qui représente l’hypersensibilité avec beaucoup de douceur et de joie de vivre.
En méditant
L’idée, c’est vraiment d’arriver à se rendre compte qu’on “surchauffe”, qu’il y a trop d’idées dans la tête, trop d’émotions et d’utiliser la méditation comme une interrupteur pour calmer l’hypersensibilité. On revient à soi, à l’instant présent, on respire, on se calme, on pose son attention. Et tout de suite, ça va mieux. Par exemple, vous pouvez écouter cette méditation :
En écrivant
C’est une pratique que j’utilise beaucoup. Je couche les mots sur le papier pour vider ma tête, mon coeur, mes émotions. Je ne réfléchis pas, j’écris spontanément et tout ce qui déborde fini là, noir sur blanc, sur une feuille numérique ou dans un petit cahier. Peu importe. L’idée, c’est de se “vider” du trop plein. “Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime”. Alors autant en exprimer le maximum.
J’espère que cet article vous plaira. Est-ce que vous vous reconnaissez ? Avez-vous des astuces à partager ?
