Compte-Rendu : Roc d’Azur

J’ai eu l’opportunité d’être invité par ASO à participer à une épreuve du Roc D’Azur ! Le Roc d’Azur est l’événement incontournable pour les amoureux du VTT ! Il rassemble plus de 20 000 participants, 300 exposants et 150 000 visiteurs sur 5 jours !

Désormais implanté sur la Base Nature François Léotard de Fréjus et dans les sentiers de Roquebrune-sur-Argens, il est devenu le 1er événement VTT au monde et fête comme il se doit, chaque année au mois d’octobre, l’ensemble des acteurs du cycle et du VTT

Vendredi matin, je me lève (très) tôt, à 4h du matin, pour prendre un avion à 6h30. Je retrouve MarineAndRun à l’aéroport. Ensemble, nous volons jusqu’à Nice. Là, une voiture nous attend et nous emmène sur la base nature de Frejus où se trouve le départ du Roc.

Sur le village, je retrouve Marine et Eleanor d’ASO, ainsi que Solène (@doculmifolius) À 10h30, nous assistons à un petit cours de mécanique avec Mavic afin de savoir changer une roue en cas de crevaison pendant l’épreuve. En toute franchise, je ne retiens rien ! J’ai tout intérêt à ne pas crever !

Ensuite, nous faisons un tour sur le village de la course. Alltricks, l’équipementier, nous reçois sur la jolie terrasse du stand et nous offre de nombreux cadeaux ! Abus nous prête un casque, Canyon un VTT.

Nous partons déjeuner sur la plage. Face à la mer, sous le soleil, je déguste un plat de nouilles sautées au saumon. J’essaie de profiter du moment mais le stress commence à monter. 36km en VTT m’attendent cet après-midi. Je n’en ai jamais fait, j’ai peur et hâte en même temps !

Après le déjeuner, nous filons nous changer. Leggings, débardeur, baskets, casque, sac à dos. Je prends de l’eau et des amandes. Nous sommes parées, direction le sas de départ.

Là, je me rends compte qu’il a une majorité de cyclistes masculins. Le milieu du VTT a besoin d’être féminisée !

À 13h30, le top départ est donné. Je m’élance, pas très à l’aise sur mon vélo. Mes pieds ne touchent pas le sol, les freins sont très puissants et j’ai peur de les utiliser !

Dès le départ de la course, je perds Marine et Solène de vue. Elles filent sans m’attendre. Je suis super déçue, nous avions dit que nous faisions la course ensemble. Me voilà seule, au milieu de la nature, avec un VTT que je maîtrise mal, face à 36km !

Les premiers kilomètres sont épuisants. C’est de la côte, et encore de la côte. Très vite, j’ai les poumons en feu, je n’ai plus de souffle. Le soleil tape fort et rend l’exercice plus difficile encore. Je descends du vélo et je pousse dessus, comme de nombreux cyclistes autour de moi. Je demande à un monsieur combien de kilomètres nous avons parcouru… 9… NEUF seulement. Je suis déjà tellement épuisée et il en reste 27!!

Photos prises au début de la course, d’où l’air « fraîche et pimpante » !

Allez, en avant. Il faut continuer. Je me dis que ça finira bien par descendre… Sans imaginer ce qui m’attend…

Au douzième kilomètre, en effet, ça descend. Je me retrouve face à une pente très accidentée de 3km. De la roche, des ronces, du sable. J’ai le vertige. J’essaie mais impossible. Je suis paralysée par la peur. Je descends de mon vélo. Je m’effondre en larme. Je m’en veux de ne pas y arriver. Je suis épuisée. J’ai chaud, soif. Je suis en colère, contre moi, contre les cyclistes qui vont à toute vitesse et me force à porter mon vélo dans les ronces pour les laisser passer. Je pousse mon VTT en pleurant pendant 3km… Parfois, c’est moins dangereux, je remonte dessus pour quelques mètres.

Au kilomètre 15, il y a le premier ravito. Je remplie mes deux bouteilles d’eau, je mange quelques amandes que j’ai emportées dans mon sac à dos.

J’ai envie d’appeler ma maman… Je ne le fais pas. J’essaie de me ressaisir. Je reprends la route, la boule au ventre. Parfois des cyclistes m’insultent, parce que je suis une fille, parce que je marche, ou parce que je suis de la presse… Je déteste l’état d’esprit des participants. Il y a peu de solidarité.

Du kilomètre 15 à 20 ça monte à nouveau, mais ce n’est pas de la route. Le terrain est très accidenté. Des pierres, du sable, de la terre, des ronces rendent la progression difficile et douloureuse. Je n’en peux plus de porter mon vélo. J’ai mal partout. J’ai des cloques sur les mains, les muscles tétanisés. Je pleure encore. Je respire de plus en plus mal et ce qui devait arriver arriva.. Je fais une crise d’asthme. Je m’arrête au premièr poste de pompier que je trouve. Ils n’ont pas de médicaments, mais me donne de l’oxygène. Je me repose quelques instants avant de remonter sur mon VTT. Ça va un peu mieux.

Au km 21, il y a un second ravitaillement. Je remplis à nouveau mes bouteilles d’eau. Je bois tellement ! Je mange un biscuit et reprends la route. Un kilomètre de descente ultra accidentée. Je me cogne dans les pierres, je me prends les pédales crantées de mon VTT dans les tibias. J’ai des hématomes et du sang sur les jambes. Je pleure encore de désespoir. Cette course me semble interminable. J’ai chaud. Je suis épuisée. J’en ai marre de cette route épuisante. Puis ça remonte à nouveau de façon très raide avant de redescendre sur plusieurs kilomètres. Je m’arrête au dernier ravitaillement. Il est 18h. Je suis partie depuis 4h30… Le soleil commence à tomber. Je panique. Je voudrais vraiment finir. Je n’ai pas traversé tout ça pour rien!

Un monsieur vient me voir. Il est motard et son rôle est de fermer la course et rapatrier les cyclistes si besoin. Il me rassure, me dit de manger du sucre et de boire. Il dit que je peux le faire, que je vais y arriver. Il me décrit les 9 derniers kilomètres : descente, grosse montée, descente puis 6 km de plat.

« Allez mademoiselle, on est derrière vous. Vous pouvez le faire ! Le ciel est bleu, tout va bien! »

Je retrouve le sourire. J’affronte les 9 derniers kilomètres de façon déterminée. Je fonce ! Quand le parcours est trop dangereux, je descends de mon vélo et je le pousse en courant! Je veux en finir au plus vite. Parfois je pleure, parce que c’est bientôt la fin, parce que je réalise que je vais vraiment être FINISHEUR d’une étape du Roc D’Azur.

J’arrive sur les 6 derniers kilomètres de plat. Ça roule tout seule. Je ne sens plus la douleur. Les paysages sont magnifiques. Golden hour sur la côte d’Azur. Je grave cette image dans ma tête. C’est ce que je veux retenir de la course. Les panneaux défilent… Arrivée à 500m.. 300m… 100m… Ça y est. J’y suis ! Je l’ai fait ! Je suis finisher du Roc Odyssey. C’est complètement dingue. C’est l’épreuve sportive la plus difficile de ma vie. Je suis fière d’être allée au bout, d’être sortie de ma zone de confort, d’avoir dépassée mes peurs.

Quand j’y repense, je ne sais pas comment j’ai tenue. Je sais juste que quand je commence je finis, peu importe comment. Je veux aller au bout des choses, me donner à fond, ne pas avoir de regret. Ceci dit, c’est comme mon saut à l’élastique : je suis fière de l’avoir fait mais je ne réitérerai jamais l’expérience !

Je récupère mon T-shirt Finisher et je l’enfile directement ! Je suis trop fière. La nuit tombe. Je rejoins l’équipe. Nous nous rendons sur le stand Oakley où nous rencontrons Pauline Ferrand Prévost, championne du monde de VTT. La marque nous offre de jolies lunettes de cyclisme.

Tout le monde en voiture, nous pouvons enfin rejoindre notre hôtel, poser nos affaires et prendre une douche bien méritée ! Je tombe de sommeil mais nous ressortons dîner. Un plat de pâtes et au lit ! Je m’endors en deux secondes et demie.

Le lendemain matin, nous avons rdv pour un cours de yoga sur la plage ! Le temps est parfait, le soleil est doux, le ciel est bleu, le bruit des vagues berce notre séance. Le moment est très agréable et relaxant. Le cours intègre des exercices de sophrologie et de méditation. C’est parfait pour retrouver la sérénité après l’épreuve d’hier. .

Après un déjeuner rapide au Club Roc, il est l’heure de rentrer sur Paris!

Je remercie ASO pour cette aventure incroyable et inoubliable 😉

Pratiquez-vous le VTT ? Avez-vous déjà participé au Roc d’Azur ?

 

Photos stylées par @timothe.renaud ^^

13 commentaires sur « Compte-Rendu : Roc d’Azur »

  1. J’y étais …. en tant que spectatrice …:)
    En tout cas bravo ! tu t’es surpassée … belle épreuve, tu peux être fière de toi !

  2. Tu es vraiment super courageuse d’avoir fini cette course. Je pratique le VVT depuis long temps mais pas du tout sur du haut niveau, c’est vraiment une disipline ou le mental joue énormément je trouve.

    1. Coucou Pauline ! Merci pour ton message ! En effet, le mental est super important dans cette discipline ! Je ne m’y attendait pas ! Il ne faut rien lâcher dans sa tête et être toujours vigilant !

      1. Je commence à peine le footing alors je vais attendre un peu avant 18 kms ;-)….mais peut être qu’un jour je les ferais va savoir ?!?!
        Bonne journée

  3. Bravo, ne jamais avoir fait du VTT et aller sur le Roc c’est un peu comme démarrer l’escalade par le Mont Blanc.
    Il y a du denivelé et les descentes sont méchantes.
    En tant que VTTiste et afficionado du Roc (j’y étais pour la 7eme fois pour le marathon et le Roc) je te félicite.
    Surtout je te prie sincèrement d’excuser mes « confreres » pour leur comportement inacceptable.Je ne les comprend pas surtout qu’en plus la rando Odyssee est justement là pour les « decouvrants » du Roc.
    Normalement cela se passe plutot bien pour les dépassements et même les coups de main entre riders.

    Les quelques conseils que je t’aurai donné :
    1/ c’est normal d’avoir peur et descendre à pied, tu serais etonné du nombre de pietons meme sur la course phare du dimanche, tu as le droit de descendre à pied et pas dans les ronces, il suffit juste de ne pas prendre la trace la plus utilisée.
    2/ Canyon aurait du te dire et te montrer comment descendre ta selle, ce qui te permet d’avoir ton centre de gravité plus bas et de descendre des pentes que tu aurais cru impossible pour ton niveau c’est une manip ultra simple et tu serais aussi etonné du nombre de riders qui le font.
    3/ comme l’escalade, ne jamais partir seul sur ces épreuves. vous auriez du rester ensemble et cela ce serait passé beaucoup plus facilement. La une demi-journée de VTT pour une débutante dans les Maures c’est une sacrée épreuve morale.

    Tu as ressentie la joie d’avoir fini une belle épreuve, donc à refaire 😉

    1. Bonjour Eric ! Merci beaucoup pour ton message ! Ca me touche ! Tes « confrères » sont excusés du coup haha !
      En effet j’ai dit au mec de Canyon, au moment des réglages, que mes pieds de touchaient pas le sol et que ça m’angoissait. il a juste répondu que c’était normal en VTT..
      Pour ce qui est de pédaler seule, ce n’était pas prévu. Les autres blogueuses m’ont lâchées, j’étais super déçue. Mais en effet, comme le mental joue beaucoup sur ce type d’épreuve, je pense que le « groupe » aide. Si jamais je devais le refaire, ce serait avec une team!
      Encore merci et bravo pour tes 7 éditions du ROc !Wahou !!

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